Catégorie: Mozart
Mozart : Don Giovanni
par Maxime Ohayon
Mozart : Don Giovanni
Dramma giocoso en deux actes
Livret de Lorenzo Da Ponte
Création à Prague, le 29 octobre 1787
Direction musicale, Valery Gergiev
Mise en scène, Johannes Schaaf
« Pour moi, Don Giovanni est le meilleur opéra qui ait jamais été écrit »
Piotr Ilitch Tchaïkovski
Don Giovanni ou le débauché puni
Avec cette comédie musicale de cape et d'épée, Mozart et son plus célèbre librettiste, Lorenzo da Ponte, ont réussi un chef-d'oeuvre de l'histoire de la musique. Don Giovanni est un modèle d'intelligence dramatique, il figure l'affrontement de l'amour, de la liberté et de la mort. Pendant des années, Don Giovanni a été, sinon l'opéra le plus populaire, du moins le plus apprécié. Il doit probablement une partie de son succès au mélange quasi unique de comique irrésistible et de sérieux tragique, au rythme de l'action musicale et dramatique, et bien sûr à la qualité de la musique. L'autre facteur décisif de sa popularité est la fascinante figure de Don Giovanni, libertin et blasphémateur.
A la suite du succès remporté par Figaro à Prague, le théâtre national de la ville commanda Don Giovanni à Mozart, afin de célébrer la venue de l'archiduchesse Maria Teresa de Toscane, nièce de l'Empereur Joseph II. Mais la troupe n'était pas prête, et le travail de Mozart resta inachevé. Don Giovanni sera finalement créé le 29 octobre 1787. L'accueil du public fut enthousiaste. Trois semaines plus tard, Mozart rentra à Vienne et l'Empereur Joseph le nomma musicien de la chambre impériale et royale. Beaucoup d’histoires ont circulé au sujet de la première représentation de Don Giovanni, mais peu d'entres elles sont vraisemblables. Nous savons qu'il a tenu à diriger lui-même la mise en scène de Don Giovanni à Prague, et qu'il a en partie improvisé le final sur le plateau pendant les répétitions.
Et Tchaïkovski de conclure : « J'aime à tel point la musique de Don juan qu'elle me donne envie de pleurer d’attendrissement et d'émotion, il m'est impossible d'en parler calmement. »
A propos de la production…
La mise en scène a été confiée à Johannes Schaaf, qui s'applique à mettre en avant quelques grands symboles : Mort, Amour, Sexualité. La scène est dépouillée, les intentions sont soulignées par les gestes clairs et précis des acteurs, et par des effets de lumière particuliers. Johannes Schaaf est un metteur en scène très expérimenté qui excelle aussi bien au théâtre qu'au cinéma. Il a notamment réalisé l'adaptation cinématographique du roman Momo, de Michael Ende. A l'opéra, ses mises en scène novatrices lui ont valu une renommée internationale. La première de cette nouvelle mise en scène a été donnée fin 99, au Mariinsky-Theater de Saint-Pétersbourg.
Johannes Schaaf poursuit sa collaboration avec Valery Gergiev : ils viennent de réaliser ensemble L'Or du Rhin, de Wagner.
©maxime-ohayon.com
Mozart, Don Giovanni
Dramma giocoso en deux actes
Livret de Lorenzo Da Ponte
Présenté pour la première fois à Prague, le 29 octobre 1787
Direction musicale, Valery Gergiev
Mise en scène, Johannes Schaaf
Décors & Costumes, Ralph Koltai
Lumières, Paul Pyant
avec
Commandeur, basse - Vladimir Vaneev, Fedor Kuznetsov
Donna Anna, sa fille, soprano - Irina Djoeva, Olga Guriakova
Don Ottavio, fiancé de Donna Anna, ténor - Daniil Shtoda, Evgeny Akimov
Don Giovanni, jeune noble, baryton - Evgeny Nikitin, Evgeny Ulianov
Leporello, son valet, basse - Sergei Alexashkin, Ildar Abdrazakov
Donna Elvira, dame de Burgos, soprano - Tatiana Pavlovskaia
Zerlina, paysanne, soprano - Irina Mataeva
Masetto, fiancé de Zerlina, baryton - Mikhail Petrenko
Chœurs et Orchestre du Mariinsky-Theater de Saint-Pétersbourg
En italien surtitré en allemand
L’action se déroule à Séville, au 17ème siècle.
Mozart : L'Enlèvement au Sérail
par Maxime Ohayon
Die Entführung aus dem Serail
W.A Mozart
Singspiel en trois actes
Livret de Gottlieb Stephanie d'après la pièce de Christoph Friederich Bretzner
Création à Vienne en 1782
Mahler Chamber Orchestra
Marck Minkowski, direction
Jérôme Deschamps et Macha Makeieff, mise en scène
Coproduction Festival d'Art Lyrique d'Aix-en-Provence, Opéra de Rouen, Opéra de Lausanne.
De Canal + à l’Opéra…
Le couple Deschamps-Makeieff met en scène Mozart
Jérôme Deschamps et Macha Makeieff, chefs d'une famille extravagante connue sous le nom de Deschiens, sont passés maîtres dans la mise en scène potache jamais en panne de bonnes blagues. On ne pouvait trouver mieux pour inventer une nouvelle interprétation de L'Enlèvement au Sérail, le plus amusant des opéras de Mozart. L'humour féroce du couple promet une mise en scène semée de gags et de poésies qui ne manquera pas d’attiser l'intérêt du public. Tout comme les décors réalisés par le peintre espagnol Miquel Barcelo.
Dans la fosse, la musique est confiée à la trépidante baguette de Marc Minkowski, dont le public du Festspielhaus a eu l’occasion, l’an passé, d’apprécier toute la vigueur dans Les Noces de Figaro. On est impatient d’entendre le nouvel éclairage que le chef français, à la tête de cette magnifique perle qu’est le Mahler Chamber Orchestra, et d’une jeune distribution internationale, apportera à la partition mozartienne.
Un orchestre en pleine forme, une distribution irréprochable, un chef impérial et la griffe Deschamps-Makeieff… On peut attendre l'impossible de cette nouvelle production du fascinant opéra de Mozart.
Die Entführung aus dem Serail
W.A Mozart
Mahler Chamber Orchestra
Marck Minkowski, direction
Jérôme Deschamps et Macha Makeieff, mise en scène
Miquel Barcelo, décors
Europa Chor Akademie
Nouvelle Production
Avec :
Madeline Bender (Constance), Matthias Klink (Belmonte),
Magali Léger (Blonde), Thomas Ebenstein (Pedrillo),
Wojtek Smilek (Osmin), NN (Selim Bassa)
©maxime-ohayon.com
Festival de Pentecôte Herbert von Karajan 2003
7 juin, 20h - 9 juin, 19h
Mozart : Cosi Fan Tutte
par Maxime Ohayon
Cosi Fan Tutte
Dramma giocoso en 2 actes de Wolfang Amadeus Mozart
Livret de Lorenzo Da Ponte
Direction musicale, Thomas Hengelbrock
Mise en scène, décors et lumières, Philippe Arlaud
Balthasar-Neumann-Ensemble
Così fan tutte ou la science du bonheur
Così fan tutte est un savant mélange de comédie d’intrigue, d’opera seria et d’opera buffa. En même temps, il apparaît comme l’opéra le plus français de Mozart.
Propos de Philippe Arlaud. Tout d’abord la référence à Marivaux, et nous pensions surtout à La Dispute, est évidente au point que les deux œuvres mériteraient d’être toujours mises en regard. Ensuite, Mozart pose les problèmes humains abordés par les Lumières et particulièrement la question du choix des modèles de vie. Tout ceci se déroule en vase clos, selon les lois scientifiques et analytiques de l’expérimentation.
Dans cet univers confiné, il nous a semblé impossible de camper des situations un tant soit peu réalistes. Le décor, la nature, les objets participent de cette même impossibilité, car c’est en s’éloignant de l’idée de vérité, dans le mensonge ou l’illusion qu’a le plus de chance de surgir la vérité, celle des personnages. L’espace scénique, en blanc et tons pastels, permet la coexistence de plusieurs aires de jeu.
L’orchestre, l’espace privé de Don Alfonso, l’avant-scène, espace de la spéculation, du mensonge, dans le cadre de scène, renforcé pour mieux circonscrire le point de vue sur l’expérimentation, celui de la métaphore et du rêve, la scène, espace de l’expérimentation et de la mer, espace de l’infini.
Pour revenir à la vérité dont nous avons déjà parlé, elle n'est pas celle que l'on attendait. Même Don Alfonso peut se sentir embarrassé face à une situation imprévue lorsqu'il assiste à la naissance de deux nouvelles relations amoureuses, vraies celles-là, révélatrices de profondes motivations.
La science aurait-elle mis en évidence une étincelle de bonheur ? Don Alfonso, qui incarne la froideur et l'objectivité de la science, ne peut rester insensible à cette irruption soudaine de l'humain. Dans la mécanique implacable de l'expérimentation vient se glisser l'érotisme, la tendresse, le désarroi des personnages sondés.
Et la musique est là pour passer de l'un à l'autre, pour échafauder au-dessous du texte, au- dessous de la partie visible et quantifiable de l'expérience, des réseaux d'affects imprévus et qui échappent à toute forme de rationalisation.
Don Alfonso regarde et, sous couvert d'objectivité, il laisse faire, il prolonge un jeu de la cruauté qui le fascine plus qu'il ne le fait souffrir.
Le choix d'un Don Alfonso jeune et pétri de savoir livresque nous a paru intéressant, non seulement par la relation d'intimité qu'il peut entretenir avec les deux garçons, mais aussi parce qu'il peut se sentir exclu de ce jeu de l'amour, de cet amour qui se joue des nouveaux couples et à la fois les révèle dans une plénitude qu'un final heureux, après être revenu au point de départ, ne pourra jamais faire revivre.
Il nous a semblé intéressant d'imaginer un Don Alfonso qui finirait triste. Du mensonge qu'il a mis en scène est née une vérité qui a raison de tout et lui fait mal, lui qui peut-être n'a jamais aimé et n'aimera jamais.
Tout à coup, l’objet étudié se retourne et observe celui qui l'étudie. De ce renversement des rôles peut naître une profonde remise en question qui ne concerne plus seulement Don Alfonso, mais nous, hommes et femmes d'aujourd'hui.
Aujourd'hui que les histoires d'infidélité ne font plus rire, nous sommes peut-être plus proches de ce 18ème siècle, plus à rnême de comprendre le véritable message de Così fan tutte.
Comme le montre Despina, personnage terrien par excellence, lorsqu'elle prend parti pour la vérité, il faut laisser faire, laisser les choses aller dans le bon sens.
Une leçon d'amour et d'authenticité qui nous exhorte à mettre en application la seule morale encore possible aujourd'hui : soyez vrais !
Genèse de l’oeuvre
On sait très peu de choses sur les conditions de l'écriture de Così fan tutte, si ce n’est que pour la première fois Mozart ne choisit pas son sujet mais se le voit imposé par l'empereur qui, suite à l'immense succès des Noces de Figaro quelques mois auparavant, lui demande de mettre en musique une anecdote qui courait dans les salons viennois et relatait une histoire vraie survenue dans la ville de Trieste. Mozart est alors compositeur de la Chambre Impériale et Royale, Il est à ce poste le successeur de Gluck.
La partition semble avoir été écrite très rapidement, entre novembre et décembre 1789, comme le prouvent toutes sortes d'abréviations, procédé peu fréquent chez Mozart. Il retrouve pour la troisième fois le librettiste Da Ponte, poète à la cour de Vienne et à ce moment-là gestionnaire du Théâtre de l'Opéra où se produisaient les musiciens italiens.
La commande de l'empereur arrive dans une période tourmentée. La charge qu'occupe Mozart à la Cour de Vienne ne lui permet pas une vie décente. Constance est malade et vient de donner naissance à une petite fille qui mourra quelques heures après sa naissance. Elle doit partir en cure à Baden.
A la fin du mois de décembre, il organise une lecture de la partition en présence de Franz Joseph Haydn. L'oeuvre sera créée au Burgtheater le 26 janvier 1790. L'accueil du public fut cordial et il fallut la période de deuil, décrétée suite à la mort de Joseph Il le 20 février, pour mettre fin aux représentations. L'oeuvre aura été jouée 5 fois. Jugé trop froid et intellectuel par les romantiques, il faudra attendre le 20ème siècle pour voir renaître l’ouvrage.
Mozart, Così fan tutte
Drama giocoso en deux actes
Livret : Lorenzo da Ponte
Coproduction avec l’Opéra de Nancy et de Lorraine & le Théâtre de Caen
Direction : Thomas Hengelbrock
Mise en scène et décors : Philippe Arlaud
Balthasar-Neumann-Ensemble
Chœurs de l’Opéra de Nancy et de Lorraine
En italien surtitré en allemand
Fiordiligi, dame de Ferrare, sœur de Dorabella - Fiorella Burato, soprano
Dorabella, dame de Ferrare - Annely Peebo, mezzo-soprano
Despina, camériste de Fiordiligi & de Dorabella - Maryseult Wieczorek, soprano
Guglielmo, officier, fiancé de Fiordiligi - Christian Gerhaher, baryton
Ferrando, officier, fiancé de Dorabella - Marcel Reijans, ténor
Don Alfonso, vieux philosophe - Georg Nigl, basse
Des soldats, des serviteurs de marine, les invités aux noces, le peuple
Mozart : Idomeneo
par Maxime Ohayon
Idomeneo, re di Creta
W. A. Mozart
Opéra séria en trois actes
Livret : Giambattisto Varesco
Première représentation en italien le 29 janvier 1781 à Munich
Direction musicale : Michael Gielen
Mise en scène : Ursel & Karl-Ernst Herrmann
Costumes : Karl-Ernst Hermann
Nouvelle Production
Coproduction Salzburger Festspiele - Festspielhaus Baden-Baden
Idomeneo, trésor de l'opéra seria
Idoménée, roi de Crête, ayant fait, lors d'un naufrage, vœu de sacrifier le premier homme qu'il rencontrerait, se voit dans l'obligation de condamner à mort son fils Idamante, aimé de la princesse troyenne Ilia. Idoménée essaie de faire échapper Idamante au supplice, mais Neptune, irrité, envoie un monstre marin qui dévaste le pays. Résolu enfin au sacrifice, le roi voit arriver Ilia, prête à mourir avec celui qu'elle aime. Touchés, les Dieux font grâce ; l'action se termine par un hymne de joie et de reconnaissance.
left, 2000, Jerry Hadley (Idomeneo), Vesselina Kasarova (Idamante) ©Clemens Scharre,
right, 2006, Ekaterina Siurina (Ilia), Magdalena Kožená (Idamante)
La nouvelle mise en scène de Idoménée tentera de réhabiliter ce petit trésor d'opéra séria un peu délaissé. En coproduction avec le festival de Salzburg, la première de Idoménée aura lieu au Festspielhaus de Baden-Baden.
Cette nouvelle production rassemble les spécialistes patentés de l'interprétation mozartienne : Christine Schäfer, Vesselina Kasarova, Jerry Hadley, Luba Organasova, ... quatre jeunes chanteurs très prisés sur le marché des belles voix.
Sensibilité d'actrice, sûreté inébranlable de la colorature et timbre chaud sont les atouts de la mezzo-soprano Vesselina Kasarova, qui brille surtout dans des oeuvres de Mozart et Rossini. Dans Idoménée, elle fera à nouveau preuve de sa forte présence scénique, dans un rôle masculin, celui de Idamante, fils du roi Priam : "Nous, les mezzo-soprano, sommes les héritières des castrats, de Haendel à Rossini, nous sommes gratifiées d'une foule de rôles masculins ».
Christine Schäfer, la soprano à la voix d'ange qui excelle aussi bien dans le répertoire du 20ème siècle que dans celui du 18ème siècle, cherche dans cet opéra le défi de l'ardeur : « Amour et Jalousie sont toujours vraisemblables chez Mozart », dit-elle, « Mozart a un faible incroyable pour le monde de l'émotion féminine, je le trouve très actuel et nullement poussiéreux. »
La direction musicale de ce psychodrame mythologique est entre les mains du chef d'orchestre Michael Gielen, homme de tempérament, engagé, toujours à la recherche de nouvelles perspectives.
reprise 2006, Ekaterina Siurina (Ilia), Magdalena Kožená (Idamante)
La mise en scène a été confiée au couple doué d'une inépuisable fantaisie, Ursel & Karl-Ernst Hermann. L'année dernière, ils signaient la réalisation de la tragédie lyrique de Rameau, Les Boréades, au Festival de Salzburg.
Dans Idoménée, ils confieront le rôle principal à la mer. La mer qui baigne l'île de Crête, et dont les mouvances sont autant de métaphores des états d'âme changeant des protagonistes.
Idomeneo, re di Creta
Opéra séria en trois actes
Livret : Giambattisto Varesco
Première représentation en italien le 29 janvier 1781 à Munich
Direction musicale : Michael Gielen
Mise en scène : Ursel & Karl-Ernst Herrmann
Costumes : Karl-Ernst Hermann
Idomeneo, roi de Crête - Jerry Hadley
Idamante, son fils - Vesselina Kasarova
Ilia, fille de Priam - Christine Schäfer
Electre, fille de Clytemnestre - Luba Orgonasova
Arbace, confident - Matthias Klink
Le Grand Prêtre - Kurt Azesberger
Camerata Academica Salzburg, Salzburger Bach-Chor
©maxime-ohayon.com
Festival de Pentecôte Herbert von Karajan 2000
10 & 12 juin, 10h




20.06.10 01:43:08, 




