Catégorie: Verdi

Verdi : Don Carlo

par Maxime Ohayon Email

Verdi : Don Carlo
Opéra en quatre actes, version Milan 1884
Livret de François J. P. Méry et de Camille Du Locle
D'après la pièce du même nom de Friedrich von Schiller


Direction musicale, Gianandrea Noseda
Mise en scène, Yuri Alexandrov

Un opéra à la française écrit par un Italien à partir d'une pièce d'un auteur allemand sur un sujet espagnol... tel est le Don Carlo de Verdi.

La commande de Don Carlos émane d’Emile Perrin, directeur de l'Opéra de Paris. L'idée était de composer un grand opéra pour 1867, année d’une exposition universelle qui devait consacrer les réussites du Second Empire. Le livret français, adapté avec beaucoup de liberté de la pièce du même nom de Schiller, sera confié à Joseph Méry et Camille du Locle. Verdi, qui parle un français correct, suivra de très près l'élaboration du texte. L'énorme partition de Don Carlos, cinq actes et un ballet, sera écrite en un an. En dépit de ses impressionnantes qualités musicales, Don Carlos n'obtint à Paris qu'un succès d'estime.

En 1872, Don Carlos est joué à Naples en version italienne. La pièce subit un grand remaniement pour sa création milanaise de 1884. Don Carlos, devenu Don Carlo, se voit réduit à quatre actes (suppression de l’acte I) et la moitié de la partition subit d'importantes transformations. C’est cette version qui reste la plus fréquemment exécutée.

De toutes les oeuvres de Verdi, Don Carlo est peut-être la plus touchante. Cet opéra est magnifique sur presque tous les plans. On y trouve le plus grand rôle pour basse écrit par Verdi et l'un des plus grands rôles vocaux pour mezzo-soprano. Don Carlo reste le meilleur exemple de Grand opéra français.

A propos de la production…

Les somptueux costumes et les décors grandioses de Yuri Alexandrov illustrent ce drame où les conflits sont mis à vif : l'Espagne catholique contre la Flandre protestante, l'Église contre l'État, Elisabeth contre Eboli, Filippo contre Carlo.
Des solistes d'exception serviront cette partition. Vassily Gerello (Rodrigo) fait partie du Mariinsky depuis 1990. Il a triomphé à travers le monde dans les plus importants rôles de baryton de Mozart, Verdi et Tchaikovsky. Avec son imposante voix de basse, Vladimir Vaneev (Fillippo II) s'est produit dans toutes les grandes maisons d’opéra d'Europe. Le pupitre est confié au jeune chef italien Gianandrea Noseda.

©maxime-ohayon.com



Verdi : Don Carlo
Opéra en quatre actes, version Milan 1884
Livret de François J. P. Méry et de Camille Du Locle
Création Mondiale : 11 mars 1867, Opéra de Paris

Direction musicale : Gianandrea Noseda
Mise en scène : Yuri Alexandrov
Décors : Teimuraz Murvanidze
Costumes : Tanya Noginova
Lumières : Vladimir Lukasevitch

avec

Don Carlo, héritier du Trône d’Espagne, ténor - Giuseppe Giacomini
Filippo II, Roi d’Espagne, basse - Vladimir Vaneev
Rodrigo, Marquis de Posa, baryton - Vassily Gerello
Elisabetta di Valois, Reine d’Espagne, soprano - Olga Guriakova
Il Grande Inquisitore, basse - Sergei Alexashkin

Chœurs et Orchestre du Mariinsky-Theater de Saint-Pétersbourg

En italien surtitré en allemand


Festival Opéra Mariinsky 2000
23 juillet 2000, 19h

Verdi : Rigoletto

par Maxime Ohayon Email

28 & 30 mai 2004, 20h
Rigoletto
Giuseppe Verdi
Melodramma en trois actes
D'après Le roi s'amuse de Victor Hugo
Livret de Francesco Maria Piave

« Rigoletto », dans l’esprit de son créateur
Ouverture du Festival de Pentecôte 04 avec une nouvelle production de Rigoletto de Verdi. Le chef Thomas Hengelbrock et le metteur en scène Philippe Arlaud se lancent un vrai défi en suivant le plus possible les intentions du compositeur.

Dans la fosse, l’orchestre joue avec des instruments datant de l’époque de la création de l’œuvre dans une tonalité plus basse, comme le voulait Verdi lui-même. Sur Scène, Philippe Arlaud, qui signe également les décors et les lumières, présente d’intenses tableaux d’une société qui se ment à elle-même et dans laquelle des êtres comme Gilda et Rigoletto deviennent les victimes de leur propre absence d’orientation. Une distribution internationale du plus haut niveau, dont le baryton Paolo Gavanelli en Rigoletto, promet aux festivaliers de suprêmes plaisirs d’opéra.

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VERDI : LA TRAVIATA

par Maxime Ohayon Email

Verdi : Traviata
Opéra en trois actes
Livret : Francesco Maria Piave,
d’après le roman «La Dame aux Camélias» d‘A. Dumas fils


Direction : Valery Gergiev
Mise en scène : Philippe Arlaud
Choeur et Orchestre du Théâtre Mariinsky de Saint-Pétersbourg
Nouvelle Prodution
Coproduction Festspielhaus Baden-Baden / Théâtre Mariinsky de St-Pétersbourg

Regard croisé du Russe Valery Gergiev et du Français Philippe Arlaud sur l‘oeuvre qui permit à Verdi d‘accéder à la gloire universelle : «La Traviata».

Si l‘ouvrage reste aujourd‘hui encore le plus populaire de Giuseppe Verdi, c‘est parce qu‘il parle de la vie, dans ce qu‘elle a de plus noble et de plus barbare à la fois. Dans cette oeuvre-ci, le chant célèbre la passion de l‘amour autant que la violence de la mort.

«La Traviata» s’inspire du roman «La Dame aux Camélias» d’Alexandre Dumas fils. Il y conte l‘histoire vraie d’une demi-mondaine, Marie Duplessis (le «demi-monde» est une trouvaille de Dumas). Fille de concierge, elle use de ses charmes pour effectuer une fulgurante ascension dans la société jusqu’à devenir la maîtresse de Liszt. Dumas fils l‘aurait également connue intimement pendant quelques mois. Peu de temps après, minée par la maladie, Marie Duplessis, Marguerite Gautier dans le roman, complètement ruinée, meurt dans la misère et la plus grande solitude.

Verdi est impressionné par cet audacieux roman qui fait d’une femme «coupable» la seule capable, en définitive, d’abnégation et de véritable amour. Il en tirera le sujet de son opéra et Marguerite Gautier prendra alors les traits de Violetta, une femme superficielle et légère, passant sa vie à faire la fête. Entretenue par de multiples amants, elle finit un jour par tomber passionnément amoureuse de l’un d’eux. Ce qu’elle n’aurait jamais dû faire, ce qui ne lui sera jamais pardonné. Finalement, elle acceptera de se plier aux conventions sociales et, par amour, renoncera à son idylle. La dame aux camélias, malade, s’en ira alors mourir autant de maladie que d‘amour.

Cette oeuvre est un hymne à la liberté. La liberté de choisir son mode de vie sans subir le jugement hypocrite de la morale bourgeoise. Verdi, comme Dumas, se révolte contre un ordre social sacrifiant l’amour au devoir. Philippe Arlaud met cette hypocrisie sociale au centre de sa mise en scène, représentée par un énorme cube rouge en position de bascule, menaçant en permanence de tout écraser sous son poids. Il symbolise l’omniprésence du regard accusateur de la société à l’encontre de l’exclue. «Naturellement», explique Philippe Arlaud, «aujourd’hui plus personne ne se discrédite en entretenant une liaison avec une prostituée. Toutefois, la double morale de la société, dont les agissements s‘opposent à la morale officielle, s’est maintenue jusqu’à nos jours : combien d’individus n’entretiennent une relation que parce qu’ils espèrent en retirer un avantage matériel : elle aspire peutêtre à la sécurité et au confort, lui aspire à un objet de plaisir à ses côtés. Souvent, l‘amour n‘y joue aucun rôle. C‘est la forme moderne de la prostitution.»

Et si la musique de «La Traviata» sonne aussi juste, c’est parce que, comme dans le roman de Dumas, elle prend sa source dans le vécu. La première femme de Verdi et ses deux petites filles succombèrent à la phtisie. Il vécut en union libre avec sa deuxième compagne – une ancienne chanteuse qui eut une vie assez agitée – pendant dix ans, avant de consentir à l‘épouser. Cette musique justement, c’est Valery Gergiev qui la fera vivre, avec ces petits trésors mélodiques et ces chants irrésistibles qui martèlent aux tempes, comme les baisers ardents embrasent les coeurs et leur font battre la chamade.


Verdi : «La Traviata»
Opéra en trois actes
Livret : Francesco Maria Piave,
d’après le roman «La Dame aux Camélias» d‘A. Dumas fils
En coproduction avec le Théâtre Mariinsky de Saint-Pétersbourg

Nouvelle production
Mise en scène : Philippe Arlaud
Décors : Philippe Arlaud
Costumes : Andrea Uhmann
Lumières : Philippe Arlaud

Violetta : Irina Djoeva
Alfredo : Jevgeny Akimov
Germont : Vassily Gerello
Choeur et Orchestre du Théâtre Mariinsky de Saint-Pétersbourg
Direction : Valery Gergiev

En italien surtitré en allemand


Festival de Pentecôte Herbert von Karajan 2001
31 mai & 5 juin, 19h