Monteverdi : L'Orfeo
par Maxime Ohayon
L'Orfeo
Claudio Monteverdi
Favola in Musica - Fable Musicale en 5 actes et un prologue
Livret du poète Alessandro Striggio
Nouvelle Production
L'Orfeo de Monteverdi est un inépuisable objet d'admiration. Il est le chef-d'oeuvre fondateur du répertoire lyrique occidental, un modèle d'équilibre entre théâtre, poésie, chant et musique instrumentale.
L’Orfeo, Nouvelle Production
Le chef-d’oeuvre de Monteverdi, « La Légende d’Orphée », sera présenté au Festspielhaus de Baden-Baden dans une nouvelle mise en scène de Philipp Himmelmann, qui signa en 1998 la légendaire production de ce même opéra au Ballhof de Hanovre.
La direction musicale a été confiée à un grand spécialiste de la musique ancienne, Thomas Hengelbrock : « L’Orfeo est pour moi le plus grand opéra baroque. Monteverdi crée, avec une remarquable économie de moyens, une intensité dramatique, poétique et émotionnelle à couper le souffle. Personne n’a jamais atteint ce niveau d’expression.
Thomas Hengelbrock est, à 41 ans, l’un des chefs les plus prometteurs de sa génération, capable de diriger avec autant de passion musiques anciennes que contemporaines. Avec le chœur et l’ensemble Balthasar-Neumann qu’il a fondés il y a une dizaine d’années, il s’emploie à la redécouverte de chefs-d’oeuvre des 17ème et 18ème siècles. Nommé depuis un an directeur musical du Volksoper de Vienne, il a ouvert sa première saison avec une impressionnante production de The Rake’s Progress de Stravinsky.
Thomas Hengelbrock et le Balthasar-Neumann-Ensemble sont régulièrement invités au Festspielhaus, et la collaboration avec notre maison devrait encore s’intensifier dans les années qui viennent. Récemment, ils nous ont offert un inoubliable concert des « Vêpres de la Sainte Vierge » de Monteverdi. L’an dernier, ils enchantaient les spectateurs du Festspielhaus avec un spectacle d’une rare intelligence musicale et scénique, « Carnaval à Venise », véritable feu d’artifice d’airs italiens du 18ème siècle.
Le rôle titre est chanté par le baryton italien Furio Zanasi qui se produit régulièrement sur les plus grandes scènes lyriques européennes, Munich, Salzbourg, Barcelone… Il a eu l’occasion de travailler avec les grands chefs de la musique baroque, René Jacobs, Jordi Saval, Ivor Bolton.
La belle blonde Camilla Nylund interprétera le rôle d’Eurydice. La soprano finlandaise, dont les superbes qualités vocales sont louées par la presse internationale, fait partie de l’ensemble de l’Opéra de Dresde depuis 1999. Durant la saison 2001, elle a participé aux productions suivantes : Così fan tutte, Falstaff, La Clemenza di Tito, Die Meistersinger von Nürnberg, Arabella. Le printemps dernier, elle fut Tatyana dans Eugène Onegin, au Tampere Opera. Les autres solistes appartiennent au Balthasar-Neumann-Ensemble.
La fondation Bade-Wurtemberg soutient ce projet ainsi que le Balthasar-Neumann-Ensemble, Chœur et Orchestre.
L’Orfeo, musique subtilement révolutionnaire
Même si L’Orfeo n'est pas le premier opéra de l'histoire - en effet, une Daphné attribuée à Jacopo Corsi et Jacopo Peri, aujourd'hui perdue, aurait été jouée à Florence en 1598 ; par ailleurs, dans cette même ville, une Eurydice d'Ottavio Rinuccini, mise en musique par Peri, fut représentée en 1600, et la même année, deux partitions complètes d'un opéra sur ce livret de Rinuccini furent publiées par Peri et Caccini -, il convient néanmoins d’affirmer que ce joyau de Monteverdi marque une étape décisive dans la musique. En lui redonnant son pouvoir de narration, de suggestion, sa poésie et son charme, il ouvre ainsi la voie à l'unité et à la vérité dans la tragédie lyrique. Ce chef-d’œuvre d'émotion et de grâce réalise à la perfection l'équilibre entre le drame et le divertissement.
Commandité par le prince héritier Francesco Gonzaga, L’Orfeo fut créé le 24 février 1607 à l'époque du Carnaval, après de longues et minutieuses répétitions. Le succès fut si retentissant que le Prince ordonna une autre représentation pour le 1er mars.
Les premiers auditeurs furent frappés par la qualité du livret d’Alessandro Striggio Jr (1573-1630). La langue de L'Orfeo est d'un extrême raffinement, les mots sont choisis avec discernement, pour leur richesse sonore et leur rayonnement sémantique. Alessandro Striggio Jr fut un collaborateur fidèle de Monteverdi jusqu'à la fin de ses jours.
L'Orfeo est un conte musical d’une grande intensité spirituelle à la frontière de plusieurs genres musicaux (madrigal, monodie accompagnée, choral, symphonie, etc.). Monteverdi le composa alors que Claudia, sa femme, était malade et décédait le 10 septembre 1607. L'Orfeo pourrait être interprété comme une « juste prière » pour la rémission de l'épouse aimée.
Monteverdi
Claudio Monteverdi est né en mai 1567 à Crémone, ville qui verra plus tard passer les plus grands luthiers. Il reçoit, dans sa ville natale, l'enseignement du maître de chapelle Antonio Ingegneri. Sa connaissance de la viole lui permet d'entrer en 1590 dans l'orchestre de Vincent de Gonzague, duc de Mantoue. En 1602, il est appelé à diriger la chapelle du duc de Mantoue, et se consacre uniquement à la composition pour son protecteur auprès duquel il demeure jusqu'en 1613. Durant cette période, Monteverdi composera ses premiers chefs-d'oeuvre : L'Orfeo (1607), Arianna (1608) dont il ne reste plus que le lamento et Il Ballo delle Ingrate (1608). Congédié, Monteverdi se retire dans sa ville natale. C'est alors que la riche République de Venise l'appelle : devenu maître de chapelle de Saint-Marc de Venise (1613), il obtient enfin une grande considération de ses employeurs et surtout du public le plus cultivé du monde de l'époque, les Vénitiens. Dans cette atmosphère favorable, il compose des Madrigaux (6ème, 7ème et 8ème livres) ; des Madrigali guerrieri e amorosi (1638), drames musicaux où figurent les deux éléments fondamentaux du drame musical, le récitatif et le chant soliste ; de la musique religieuse, dont les Vespri della beata Vergine, une messe à quatre voix ; des opéras comme Le Retour d'Ulysse dans sa patrie (1641), Le Couronnement de Poppée (1642).
Tout Venise résonne de la musique de Monteverdi quand il décède le 29 novembre 1643.
Monteverdi, L’Orfeo
Opéra en 5 actes et un prologue
Nouvelle Production
Festspielhaus Baden-Baden
Direction musicale Thomas Hengelbrock
Mise en scène Philipp Himmelmann
Décors Johannes Leiacker
Costumes Marie-Thérèse Gossen
Chœur et Orchestre du Balthasar-Neumann-Ensemble
- Samedi 5 octobre, 20 h
- Dimanche 6 octobre 2002, 19 h






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