Berlioz : La Damnation de Faust
par Maxime Ohayon
La Damnation de Faust
Légende dramatique en quatre parties
Poème d’Hector Berlioz et Almire Gandonnière
D’après le Premier Faust de Goethe, traduit par Gérard de Nerval
Œuvre clef de Berlioz, un sommet du romantisme musical français
Le Premier Faust de Goethe fascina la majorité des compositeurs du 19éme siècle. La traduction de Gérard de Nerval, parue en 1828, réactiva l’enthousiasme de toute une génération de jeunes Français. Berlioz la découvre lui aussi, il est alors âgé de 24 ans et l’œuvre littéraire enflamme son imagination. Il songe aussitôt à la mettre en musique. Dès 1829, il publie Huit scènes de Faust, mais considérant que ce travail comportait de « nombreux et énormes défauts», il tente alors de réunir tous les exemplaires qu’il peut trouver de la partition et les détruit.
Illustration for the Orchestra Score of La Damnation de Faust 1846 by Hector Berlioz, a painting by Frederic Sorrieu.
Quinze ans plus tard, à l’occasion d’un voyage en Allemagne, il revient sur le personnage qui ne cesse de le hanter et, l’âme violente et passionnée, il se met à composer fiévreusement - à pied , à cheval, à vapeur... écrit-il dans ses mémoires - la Damnation de Faust. Une œuvre littéralement inouïe, lyrique, excessive, emportée, entre cimes et abîmes …une mosaïque de morceaux aux innovations multiples – ballet, fugue chorale, duo, romance, chanson – qui disent l’amour et la désillusion.. L’orchestre et les chœurs prennent en charge une grande part de l’action dramatique mais chaque personnage aura son chant immortel : à Faust, rêveur éternellement mélancolique, les profonds accords de cordes spécifiques. A Marguerite, cœur passionné, les flûtes et les clarinettes candides. A Mephisto, les plus dangereuses sérénades.
Initialement intitulé « Opéra de Concert », La Damnation de Faust est créée à l’Opéra Comique le 6 décembre 1846 en version concertante sous la dénomination de « Légende Dramatique ». Berlioz dirige lui-même sa partition … dans une salle presque vide. L’œuvre qui devait faire date, tomba dans l’indifférence, au grand désespoir de son auteur, qui avait mis toute sa foi et tout son génie créateur dans ce projet.
Trente ans plus tard, les deux grands chefs de l’époque, Pasdeloup et Colonne, l’inscrivent à leur programme et la font triompher. Elle est, depuis, l’un des plus grands classiques du répertoire français, une œuvre qui embrase les sens.
La Damnation, Production Olivier PY, Grand théâtre de Genève







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